Rencontre avec Abdellah Taïa — 2de partie

Marathon des mots
13e festival international de littérature



Celui qui est digne d’être aimé

Suite et fin de la rencontre avec Abdellah Taïa, fidèle habitué du Marathon des mots de Toulouse !

L’écrivain et cinéaste marocain homosexuel approfondit sa réflexion autour de son rapport à la langue française et de la domination qu’elle impose au Maroc en tant qu’outil des riches, revenant à travers le récit épistolaire d’Ahmed sur les violences qui se jouent au sein des constructions sociales.

Le public du festival a pu profiter de la Terrasse du Musée du Vieux Toulouse pour bavarder avec l’écrivain, en compagnie des étudiants du master de Création littéraire de l’Université Toulouse Jean Jaurès, qui ont encadré la rencontre.

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Rencontre avec Aura Xilonen et Blandine Rinkel — 1re partie

Marathon des mots
13e festival international de littérature



25 Juin 2017

Blandine Rinkel (L’abandon des prétentions, Fayard) et Aura Xilonen (Gabacho, Liana Levi), deux jeunes autrices 1, étaient invitées à la Terrasse du Marathon des mots pour parler de leur premier roman lors des petits-déjeuners littéraires en compagnie des étudiants du master Création littéraire de Toulouse Jean-Jaurès, qui ont animé les matinées du festival.

Entre immigration et exil, rencontre et espoir : Blandine Rinkel et Aura Xilonen dressent deux portraits bien distincts : celui, touchant et intime, d’une femme par sa fille, et de son accueil inconditionnel des gens de passage, et celui, hilarant et émouvant, de Liborio, jeune clandestin mexicain qui tente de se faire une place à coups de poing et de mots.

 


Rencontre avec Blandine Rinkel et Aura Xilonen

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Rencontre avec Cécile Coulon, Simon Johannin et Jean-Baptiste Del Amo — 2de partie

La France, de profile



Jean-Baptiste Del Amo (Règne animal, Gallimard), Cécile Coulon (Trois saisons dʼorage, Viviane Hamy) et Simon Johannin (Lʼété des charognes, Allia) approfondissent leurs visions de la France rurale, dans une rencontre organisée par le Marathon des mots et animée par Kerenn Elkaïm. (retrouvez la première partie ici)

Sur plusieurs générations, l’exploitation de la nature par l’activité humaine prend des formes de catastrophe naturelle entre les tragédies des hommes. Mais avant la suite de l’entretien, je vous propose un rapide résumé des œuvres.



 

Rencontre avec Cécile Coulon / Jean-Baptiste Del Amo/ Simon Johannin — 2de partie

Sommaire

1. Un portrait de la France rurale
2. L’exploitation de la nature
3. Les animaux dans les récits
4. Le désir et la violence
5. La famille

Résumé des œuvres

Règne Animal, Jean-Baptiste Del Amo, GallimardRègne animal :

Règne animal retrace, du début à la fin du vingtième siècle, l’histoire d’une exploitation familiale vouée à devenir un élevage porcin. Dans cet environnement dominé par l’omniprésence des animaux, cinq générations traversent le cataclysme d’une guerre, les désastres économiques et le surgissement de la violence industrielle, reflet d’une violence ancestrale. Seuls territoires d’enchantement, l’enfance – celle d’Éléonore, la matriarche, celle de Jérôme, le dernier de la lignée – et l’incorruptible liberté des bêtes parviendront-elles à former un rempart contre la folie des hommes?

 

Trois saisons d'orage, Cécile Coulon, Viviane Hamy

Trois saisons d’orage :

Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste. Les Trois-Gueules sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis. 

 

L'Été des charognes, Simon Johannin, AlliaL’Été des charognes :

Les bêtes sont partout, les enfants conduisent leurs parents ivres morts dans des voitures déglinguées et l’amitié reste la grande affaire. C’est un pays d’ogres et d’animaux errants, un monde organique fait de pluie et de graisse, de terre et d’os, où se répandent les fluides des corps vivants et ceux des bestioles mortes. Même le ramassage scolaire ressemble au passage des équarrisseurs. Ici, on vit retiré, un peu hors-la-loi, pas loin de la misère aussi. 

C’est La Fourrière, un « village de nulle part », et c’est un enfant qui raconte : massacrer le chien de « la grosse conne de voisine », tuer le cochon avec les hommes du village, s’amuser au « jeu de l’arabe », rendre les coups et éviter ceux des parents. Mais bientôt certains disparaissent, les filles vous quittent et la forêt finit par s’éloigner. D’une bagarre l’autre, la petite musique de ce premier roman vous emmène jusqu’à l’adolescence, quand la douleur fait son entrée et que le regard change, dans les turbulences d’une langue outrancière au plus près du rythme de l’enfance : drôle et âpre, déchirante et fièvreuse, traversée de fulgurances.*

 

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Rencontre avec Cécile Coulon, Simon Johannin et Jean-Baptiste Del Amo — 1re partie

Loin des villes : « Entre la Montagne noire, les terres volcaniques et les plaines occitanes. »

Le Marathon des mots a accueilli en juin trois écrivains portant un regard singulier sur la France rurale d’hier et d’aujourd’hui.  Jean-Baptiste Del Amo (Règne animal, Gallimard), Cécile Coulon (Trois saisons dʼorage, Viviane Hamy) et Simon Johannin (Lʼété des charognes, Allia) se sont retrouvés pour une rencontre avec le public, là où la nature fait corps avec le roman et sʼinvite au cœur des tragédies humaines 1.

Les écrivains reviennent sur leur vision de la campagne, celle de leur enfance et de leurs œuvres. Une confrontation violente avec l’environnement à travers le prisme du langage et des mots.

Cécile Coulon, Jean-Baptiste Del Amo, Simon Johannin – © Photographie Gilles Vidal

Simon Johannin, Jean-Baptiste Del Amo, Cécile Coulon – Photographie Gilles Vidal

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Entrevue avec Julia Deck

Julia Deck © Hélène BAMBERGER

crédit photo : Julia Deck – Paris avril 2014 © Hélène BAMBERGER

Julia Deck était invitée au Banquet littéraire d’Automne de Lagrasse de 2015 pour aborder une des thématiques présentes dans son œuvre : le réel.

Après avoir assisté aux conférences et participé aux tables rondes organisées par le Banquet (vous pouvez retrouver les vidéos ici), l’auteure de Viviane Élisabeth Fauville et du Triangle d’hiver a accordé une entrevue aux étudiants du master métiers de l’écriture de Toulouse.

Après un café en terrasse du Café-Librairie du Banquet, la discussion s’est déroulée au frais, dans les jardins de l’Abbaye, au cœur des Corbières, pour aborder cette fois-ci des aspects plus techniques du métier d’écrivain.

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Banquet littéraire – Tristan Garcia, Julia Deck, Yves Ravey, Mathieu Riboulet, Ivan Jablonka & Yves Lepestipon

L'Abbaye de Lagrasse

Cette année, le Banquet d’Automne s’interrogeait sur l’écriture du réel. Et pour la seconde fois, il associait à ses rencontres le master des métiers de l’écriture de l’Université Toulouse – Jean-Jaurès.

Les étudiants du master ont ainsi mené les rencontres avec les auteurs et animé des lectures musicales des textes des écrivains tout au long du Banquet qui s’est déroulé du vendredi 23 au dimanche 25 octobre.

Voici un petit condensé des rencontres qui s’y sont déroulées !

Le Banquet d’Automne

Installé dans l’abbaye de Lagrasse, au cœur des Corbières, ce centre culturel accueille depuis déjà 21 ans son fameux « Banquet du livre ». Ainsi, chaque année voit son lot de festivals littéraires et de philosophie, en plus des nombreux ateliers d’écriture et des rencontres d’écrivains au milieu de ce cadre bucolique où se niche un café et une librairie.

Printemps, Été, Automne ; en trois déclinaisons le Banquet littéraire invite « à concevoir autrement le rapport entre Vie et Culture ; c’est-à-dire la pensée et la littérature, la création comme acte qui implique et suscite un déplacement de point de vue ou encore une invention de possibles. »

Les intervenants de cette édition tentent à leur manière d’écrire le réel.

(Pour voir le programme complet du banquet, je vous invite à consulter leur page web.)

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Les auteurs invités


Julia Deck
Julia Deck est une écrivaine française publiée aux Éditions de Minuit. Son premier roman, Viviane Élisabeth Fauville, sorti en 2012, a reçu un très bon accueil du public et de la presse. Le Triangle d’hiver (Minuit, 2014), qui est son second roman, a d’ores et déjà suivi la même voix. Elle aborde au sein de son œuvre le thème de l’identité, à travers lequel s’immisce dans la narration un jeu sur la confusion.

Tristan Garcia Photo Catherine Hélie © Éditions Gallimard

Tristan Garcia est un écrivain et philosophe toulousain. Maître de conférences dans le département de philosophie à Lyon, son premier roman, La Meilleure Part des hommes (Gallimard, 2008) a reçu le Prix de Flore la même année. Son œuvre, entre littérature et essais, est imprégnée de philosophie et de culture pop. Son dernier roman en date : 7., paru en 2015, a déjà reçu le Prix du Livre Inter 2016.

Mathieu Riboulet © Sophie BassoulsMathieu Riboulet est un écrivain et réalisateur français. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages, dont les derniers sont parus aux Éditions Verdiers, Mathieu Riboulet est un habitué du Banquet du livre de Lagrasse où il est régulièrement convié. Le thème du réel lui sied parfaitement, puisqu’il tisse avec sa langue une approche du réel avant d’atteindre le surgissement. (Vous pouvez lire à ce sujet l’entretien qu’il a donné au moment de la sortie de son livre Entre les deux il n’y a rien.) Mathieu Riboulet a été fait Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres‎.

Yves Ravey © photo Hélène BambergerYves Ravey est un romancier et dramaturge français. Publié aux Éditions de Minuit, son œuvre conséquente comporte plus d’une vingtaine de romans dont Enlèvement avec rançon, La Fille de mon meilleur ami, ou encore Sans états d’âme sur lequel il est revenu lors d’une précédente rencontre, durant le Festival International des Littératures Policières. (À retrouver ici.)

Ivan Jablonka © Hermance TriayIvan Jablonka est professeur d’histoire à l’Université Paris XIII – Sorbonne, ainsi qu’éditeur et écrivain. Il est un des fondateurs et rédacteurs en chef de La Vie des idées, revue en ligne née en 2007, et est codirecteur de la collection « La République des Idées » au Seuil.


Yves LePestiponYves Le Pestipon
est professeur de chaire supérieure à Toulouse et enseignant de Première Supérieure (Khâgne), il est également poète et écrivain.

Rencontre avec Craig Johnson

Jeudi 8 octobre 2015. 18h00.

Profile PhotoCraig Johnson était l’invité d’honneur du Festival international de Toulouse Polar du Sud. La médiathèque José Cabanis a eu le plaisir de l’accueillir pour une rencontre passionnée et chaleureuse dans son grand auditorium.

Le point d’orgue du festival se tenait le week-end suivant, à la Librairie de la Renaissance, sous un chapiteau en extérieur. De nombreuses rencontres et animations ont rythmé cette semaine qui s’est terminée en beauté, rassemblant la soixantaine d’auteurs sous un seul et même chapiteau, concluant cette 7e édition avec brio.

Le romancier au grand chapeau nous a fait part de sa présence de shérif ainsi que de nombreuses anecdotes qu’il avait à nous raconter, mais avant de vous laisser les découvrir, voici une petite présentation de l’auteur pour celles et ceux qui ignoreraient de qui on parle.

Chapiteau à Basso Cambo

Le chapiteau extérieur à Basso-Cambo

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Rencontre avec Thomas H. Cook

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Mercredi 7 octobre 2015. 18h30.

Après un an d’attente, le Festival Toulouse Polar du Sud est revenu une fois de plus à la librairie Ombres Blanches, cette fois-ci pour une rencontre exceptionnelle avec un grand auteur de la littérature policière, Thomas H. Cook !

Policiers, thrillers & romans noirs

Salué comme l’un des plus grands écrivains de roman policier de sa génération, il publie son premier roman Blood Innocents alors qu’il est encore étudiant, disponible chez nous chez Gallimard.

Depuis, il est l’auteur d’une trentaine de romans à succès et a été nominé pas moins de 6 fois par la Crime Writers’ Association (qui s’occupe de récompenser les meilleurs romans policiers et leur décerne un prix) et remporte un Award dans la foulée !

Rencontre avec Thomas H. COOK à Ombres Blanches, dans le cadre du festival 2015 de Toulouse Polars du Sud, animée par Jean-Marc Laherrère.Il reçoit le Prix Edgar Allan Poe du meilleur roman policier en 1996 pour The Chatham school affair, réédité chez nous en poche sous le titre : Au lieu-dit Noir-Étang, et rafle au passage  le Prix du Meilleur Polar des lecteurs de Points en 2013, dont j’ai été membre du jury lecteur.

« Ce sont en général des romans assez intimistes qui se passent dans les secrets des familles. »

Mais avant d’attaquer, voici un petit résumé du dernier roman de Thomas H. Cook :

Le crime de Julian Wells :

Philip Anders, critique littéraire, s’interroge : pourquoi son ami l’écrivain Julian Wells s’est-il tranché les veines dans une barque, au milieu de l’étang de sa propriété des Hamptons ? Le suicide est irréfutable, ses raisons impénétrables.

En enquêtant sur leur passé commun ? un voyage en Argentine du temps de la dictature militaire, au cours duquel leur jolie guide Marisol avait disparu ? mais aussi sur l’œuvre de Julian, hantée par des tueurs aussi abominables qu’Erzsébet Báthory, la Comtesse sanglante, ou Tchikatilo, l’Éventreur rouge de Rostov, Anders est confronté à la part d’ombre de celui qu’il admirait tant.

Et si ce suicide n’était pas le seul crime de Julian Wells ?

 *

La conversation a été animée par Jean-Marc Laherrère et Benoît Séverac, qui s’est occupé de la traduction en direct. Elle n’est donc pas strictement littérale mais bien vivante et spontanée !

Elle tente de rendre compte des paroles de Thomas Cook aussi fidèlement que possible dans le feu de la discussion et a permis aux personnes non anglophone de l’audience de suivre la conversation afin d’écouter ce grand auteur. Merci à lui !

Pour les plus bilingues d’entre vous, vous pourrez profiter des réponses de Thomas H. Cook en anglais !

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Rencontre avec Yves Ravey

Dans le cadre du 7e Festival International des Littératures Policières, organisé par l’association Toulouse Polar du Sud, qui s’est déroulé les 9, 10 et 11 octobre derniers, de nombreuses animations, des débats et des rencontres avec des auteurs étaient organisés.

Le Festival ne s’est pas seulement contenté de sa place sous le chapiteau, installé pour l’occasion à Basso-Cambo à la librairie de la Renaissance, il en a profité pour s’inviter hors les murs, dans divers lieux culturels de la ville.

Et c’est la librairie Ombres Blanches qui a inauguré le festival en accueillant Yves Ravey dans sa grande salle de conférence, le samedi 3 octobre, afin de présenter son nouveau roman : « Sans états d’âme », publié aux Éditions de Minuit.

La rencontre a été animée par Jean-Paul Vormus, président de Toulouse Polars du Sud, dans le cadre du festival.

Après quoi Yves Ravey a répondu aux questions du public.

Chapiteau Basso-Cambo, photo de Christelle Guillaumot

Chapiteau Basso-Cambo

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Bannière du site – Les Écrits 9

Si O vous levez les yeux (ou si vous remontez en haut de la page en fonction de son contenu), vous apercevrez le magnifique en-tête de ce blog, sobrement intitulé : « Le Bû de la rue. »

La page sur laquelle se trouve le titre a été composée et imprimée sur une petite presse à main fournie par les éditions « Les Écrits 9 » durant le salon des éditeurs indépendants de Toulouse, qui se tenait à la cave poésie du 18 au 20 octobre. Cette jeune maison d’édition t tarnaise imprime des textes selon les anciennes méthodes en maniant l’art de la typographie et des gravures, avant de relier les ouvrages à la main. Le tout avec patience et passion.

Un atelier de démonstration était à disposition des visiteurs qui pouvaient, s’ils le souhaitaient, composer leur propre affiche typographique et la voir éditée. Depuis le choix des lettres et de leurs différentes fontes possibles, stockées à portée de mains dans les casses des éditions, jusqu’à la constitution finale du texte dans son baquet, tout était fait pour que le visiteur découvre la complexité de ce métier.

À cette occasion j’ai pu réaliser la bannière de ce blog pas à pas.

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